Brésil Durable

Chers lecteurs,

Après un temps de pause dut à mon retour et ré-adaptation à la France, le blog reprendra son activité d'ici peu. 

A commencer par une interview de Joaquim Melo, fondateur de la Banque Palmas, qui était à Paris en Octobre pour présenter son livre. 

Et bien sur, tous les articles qui sont encore dans mes cartons mais qu'il me tarde de publier. 

Durablement votre,

Aude

 



Publié à 15:51, le 26/11/2009,
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Le coton des basquets Veja


Veja est une marque française de tennis équitables certainement connue par tous les adeptes de mode éthique. L'ambition de Veja est de produire des basquets équitables et écologiques de leur production jusqu'à leur arrivée en France :

  • Le caoutchouc des semelles provient d'Amazonie. Il est naturel et offre une alternative économique au déboisement pour les habitants de la région.
  • Le coton, produit dans le Nord-Est brésilien, est biologique et équitable.  
  • Les basquets sont confectionnés dans une usine du Sud du Brésil respectant les droits des travailleurs.
  • Le cuir est tanné sans chrome, à partir d'extraits végétaux.
  • Arrivées en France, elles sont stockées et livrées par Atelier Sans Frontières, une association de réinsertion par le travail.
Les créateurs de Veja ont donc monté une chaine de production éthique, c'est à dire un circuit s'attachant à ce que tous ses maillons respectent des critères environnementaux et sociaux.

Mon passage dans le Nord Est du Brésil m'a permis d'étudier plus précisément un des maillons de cette chaine de production : le coton biologique et équitable.

Le Nord-Est est une grande région aride et pauvre composée de nombreux états. Le coton utilisé dans les basquets Veja est produit dans la région de Tauá, dans l'état du Ceará. Les producteurs sont regroupés au sein d'une association, l'ADEC (Associação de Desenvolvimento Educacional e Cultural de Tauá), elle-même appuyée par une autre association : ESPLAR. 

Arrivée à Fortaleza, capitale du Ceará, je rencontre Pedro Jorge fondateur d'ESPLAR, une ONG brésilienne dont l'objectif est de développer l'agriculture familiale et responsable dans l'état du Ceará.

Le partenariat entre Veja et les associations ESPLAR et ADEC remonte au tout début de l'entreprise. Les jeunes créateurs de Veja à la recherche de producteurs de coton biologique, rencontrent alors l'association et les producteurs et réalisent une première commande. Le partenariat est par la suite reconduit avec succès. Aujourd'hui Veja est le principal acheteur du coton produit par l'ADEC.

Pourquoi le coton des basquets Veja est-il différent ?


Le coton produit par l'ADEC est un peu plus qu'un coton biologique : il est agroécologique. L'agroécologie, encore une nouvelle invention de la sphère écolo ? Pour ma part je dirais plutôt un retour aux sources de l'agriculture traditionnelle.

L'agroécologie n'est pas exactement  de l'agriculture biologique. L'agriculture biologique est fondée sur le refus de l'utilisation de pesticides et d'engrais non naturels ainsi que des OGM. Elle utilise différentes techniques permettant d'éviter d'épuiser les sols comme la rotation des cultures, le sarclage mécanique, le compostage...

L'agroécologie respecte la nature et ses écosystèmes mais prend aussi en compte ses interactions avec l'être humain. L'agroécologie refuse engrais, pesticides et OGM tout comme l'agriculture biologique mais va un peu plus loin. La culture principale (ici le coton) est associée à d'autres cultures vivrières (maïs, haricots et sésame dans notre cas) afin d'éviter l'épuisement des sols, d'offrir d'autres revenus et d'assurer la sécurité alimentaire des producteurs (le coton ne se mange pas...). L'agroécologie prône la culture d'espèces locales adaptées aux sols, l'utilisation raisonnée de l'eau pour l'irrigation, le choix d'instruments mécaniques permettant d'éviter un gaspillage d'énergie, la réhabilitation des savoirs faire traditionnels... L'agroécologie est donc un système intégré ou chaque élément est réfléchi de manière à nourrir et respecter l'environnement et l'homme. L'agroécologie aide à maintenir et récupérer la fertilité des sols permettant ainsi de conserver un équilibre environnemental.

Finalement, quel est l'avantage du coton des basquets Veja pour les producteurs et l'environnement ?


Aujourd'hui ce sont plus de 200 agriculteurs provenant de 9 municipalités différentes qui bénéficient de l'appui d'ESPLAR. Les avantages de l'agroécologie sont divers :

  • développement de la conscience écologique des habitants
  • amélioration de la qualité des sols et des eaux
  • protection de la santé des travailleurs
  • sécurité alimentaire
A cela viennent s'ajouter les bénéfices du partenariat avec Veja, qui suit les principes du commerce équitable :

  • Veja paye un prix 100% supérieur à celui du marché du coton. Cela représente donc une amélioration non négligeable des revenus des producteurs
  • Les contrats sont établis à long terme et les prix à l'avance, les agriculteurs bénéficient donc d'une sureté d'emploi et de revenus peu courants dans la région
  • Transparence et qualité des relations entre les producteurs et Veja. Les créateurs de la marque visitent régulièrement les producteurs démontrant ainsi que des relations de commerce peuvent être humaines et amicales
Enfin, il convient de préciser qu'avant l'arrivée de Veja le coton agroécologique des producteurs de Tauà ne trouvait que peu d'acheteurs. La création du partenariat avec Veja a permis de viabiliser ce qui est désormais la filière la plus importante de coton biologique et équitable du Brésil (oui, oui c'est bien vrai).

Aujourd'hui les acheteurs potentiels sont nombreux, la demande est largement supérieure à l'offre, et les producteurs obtiendront prochainement le fameux label de commerce équitable Fairtrade /Max Havelaar.

Maintenant à vous de vous poser une question chers lecteurs : ayant lu cet article et sachant que Veja propose un prix proche de ses célèbres concurrents, pourquoi continuer à acheter Nike ou Adidas ?


Publié à 02:04, le 2/05/2009, Fortaleza
Mots clefs : agroécologiecommerce équitable


Economie Sociale et Solidaire dites-vous?

Au vu de la quantité d'articles passionants que je vous réserve, il me parait nécessaire de faire un point sur ce qui est le sujet principal de ce blog: "L'économie sociale et solidaire". Un nom résonant, utopique et antynomique pour un concept aux contours flous.

Il n'existe pas de définition reconnue de l'économie sociale et solidaire. Pour en résumer l'esprit, l'économie sociale et solidaire est une manière d'entreprendre autrement. C'est à la fois un troisième secteur (par opposition aux secteurs publics et privés) et une nouvelle façon d'envisager la sphère économique.
Troisième secteur, car l'économie sociale et solidaire (ESS) répond à des besoins non couverts par les secteur publics et privés tout en conciliant s'adapter aux conditions de marché et offrir d'une plus-value sociale et/ou environnementale.

Une nouvelle façon d'envisager la sphère économique, car l'ESS proclame la primauté de l'homme sur le capital. La rémuneration du capital n'est plus l'objectif principal (le profit peut par contre faire partie des objectifs mais sans être prédominant). L'économie sociale n'est pas pour autant de l'humanitaire ou un service social. L 'économie sociale souhaite s'imposer sur le même terrain que le secteur privé tout en proposant une nouvelle manière, plus humaine et responsable, de produire, consommer et vendre.

En France, les acteurs de l'économie Sociale et Solidaire sont des mutuelles, coopératives, associations et fondations. Certains de ces acteurs, les plus importants, vous sont forcément connus: Crédit Coopératif, Crédit Mutuel, Crédit Agricole... La naissance de l'économie sociale remonte au 19ème em Europe (le concept a été perdu entre temps pour renaitre actuellement). A cette époque des coopératives et mutuelles sont crées pour répondre à des attentes sociales non satisfaites, notament dans le secteur de la banque-assurance.

Aujourd'hui le champs d'action de l'économie sociale s'est élargi et englobe les notions de développement durable, commerce équitable, insertion par l' économie, responsabilité sociale...

Au Brésil, la conception d'économie sociale est plus récente et légèrement différente. Selon le Forum Brésilien de l'Economie Solidaire, c'est une pratique régie par des valeurs d'autogestion, de démocratie, de coopération, de solidarité, de respect envers la nature et de valorisation du travail humain, ayant pour but un développement durable global et collectif.

L'économie sociale et solidaire au Brésil met effectivement l'accent sur les principes de coopération et de démocratie: organisation collective, pas de dirigeants mais des élus, égalité entre chaque coopérant...

L'ESS au Brésil est surtout le fait de petites coopératives et associations de producteurs ou artisants qui se regroupent afin de mieux vendre leurs produits et augmenter leurs revenus et qualité de vie.
L'ESS a connu un essor assez important au Brésil depuis 10 ans et l'arrivée de Lula au gouvernement aura permis la création du Secrétariat National de l'Economie Solidaire.



Publié à 02:34, le 21/04/2009, dans 2.2. Qu est ce que l Economie Sociale et Solidaire , Porto Alegre
Mots clefs : économie sociale


Le tourisme communautaire façon Prainha do Canto Verde

L'un des premiers projets de tourisme communautaire au Brésil a été entrepris par les habitants d'un village de pécheur au nom à rallonge, Prainha do Canto Verde, situé dans l'état du Cearà.

Ce projet de tourisme, insufflé par la communauté elle même, n'est pas né du jour au lendemain mais est le résultat d'un long processus. L'engagement politique de la communauté remonte aux années 80, lorsqu'elle s'est retrouvée confrontée a un double problème de souveraineté tant en mer que sur terre.

En mer, d'une part. Les habitants de Prainha do Canto Verde vivent principalement de la pêche, notamment la pêche à la langouste. Leurs techniques de pêche sont traditionnelles et artisanales. La pêche à grande échelle effectuée de manière industrielle par les entreprises de la région est devenue rapidement une menace pour la continuité du mode de vie de la communauté.  La pêche industrialisée a des conséquences néfastes sur l'environnement marin mais aussi sur l'économie locale.  Un taux de pêche trop important et le non respect des cycles de reproduction menace la survie des espèces marines locales. De plus, une offre de poisson excessive provoque une baisse des prix qui se répercute également sur les prix de vente des pêcheurs artisanaux.

Sur terre, d'autre part. A la fin des années 70, un investisseur brésilien commence à acheter des terres autour du village. Suite a quelques manipulations administratives douteuses, celui-ci revendique la propriété d'une partie du village, l'enjeux étant : la construction d'un complexe touristique.

L'histoire se serait terminée comme bien d'autres similaires au Brésil ou dans le reste du monde. Les habitants attirés par la promesse d'un profit rapide auraient vendu le peu de terres qui restait en leur possession. Des hôtels auraient été construits à la place. Finalement, ne pouvant plus vivre de la pêche et ayant rapidement dépensé l'argent de la vente de leur terrain, la population se serait retrouvée dans l'obligation d'émigrer ou d'accepter un poste de bas étage dans l'industrie touristique locale.

Mais dans ce cas la situation fût différente. Les habitants, conscients de leurs droits, décidèrent de défendre leur communauté. S'engagea alors une bataille judiciaire de plus de 20 ans (d'avril 1979 à mars 2006) qui donna finalement raison aux habitants de la Prainha.

Cette confrontation judiciaire aura eu le bénéfice d'inciter la communauté à entrer en relation avec des ONG locales et à s'organiser en formant l'Associação de Moradores da Prainha do Canto Verde.  Au début des années 90, le village est socialement très actif et envisage diverses possibilités d'action.

Tout d'abord, il joue un coup communicationel en 1993 en envoyant quatre de ses membres rejoindre Rio de Janeiro par la mer sur une embarcation de pèche. Cette traversée de 3 000 kilomètres (soit a peu près la distance entre l'Islande et le nord du Maroc) constitue un voyage de protestation contre la pèche industrielle et la spéculation des investisseurs immobiliers. Au cours de cette protestation les manifestants rencontrent d'autres communautés de pécheurs et commencent a tisser des liens.

Cette traversée donne naissance à l'institut Terramar avec comme objectif initial l'appui à la pêche artisanale dans la région. 15 ans plus tard, Terramar est devenu une référence en ce qui concerne le développement durable de la région côtière du Cearà.

A la même époque, les habitants débutent une réflexion sur les possibilités d'amélioration de leur niveau de vie. Comme expliqué plus haut, la communauté vit principalement de la pêche. Son niveau de vie est donc soumis à la vente du poisson. De ces discussions naît une coopérative regroupant les pêcheurs du village. Comme l'a toujours dit le célèbre adage, l'union fait la force ! La création de la coopérative permet aux pêcheurs de se passer de leur intermédiaire et de vendre directement leur poisson dans la ville la plus proche. Cette initiative a représenté un grand pas dans l'amélioration du niveau de vie de la communauté en augmentant le niveau de revenu de chacun. 

Observant les résultats positifs de leurs engagements, les habitants réfléchissent à de nouvelles possibilité de développement. Le tourisme est-il bon pour la communauté ou est-ce une activité rentable uniquement pour les grands investisseurs ? Est-ce que d'autres industriels essayeront de faire du village une station balnéaire ? Un tourisme qui aide la communauté à se développer serait-il possible ?

Une réflexion approfondie sur le type de tourisme pouvant bénéficier à la communauté s'engagea sur plusieurs années. Au terme de cette réflexion, les habitants de la Prainha do Canto Verde décidèrent de s'engager dans un tourisme communautaire, géré et maîtrisé uniquement par la communauté, et créèrent la Coopérative de Tourisme et Artisanat COPECANTUR.

Le type de tourisme instauré petit à petit à la Prainha n'a pas pour objectif de devenir la source principale de revenu de la communauté. Celle-ci souhaite garder son indépendance et ses traditions. La pêche est son histoire et son futur. Toutes les activités crées par le tourisme sont gérés par les habitants. Néanmoins le tourisme reste un complément de revenu et très peu d'habitants sont destinées a vivre uniquement du tourisme. Cette organisation garantie à la fois l'autonomie des habitants par rapport à ce phénomène mondial qu'est le tourisme et une plus égale répartition des bénéfices de celui-ci.

L'hébergement est effectué en pousada, sorte de chambre d'hôtes. Différentes activités sont organisées telles que randonnés, sorties en jangada (bateau de pêche traditionnel) ou catamaran, visites des communautés alentours. Mais le principal intérêt de la Prainha est son calme et le naturel de ses habitants. Dans le village pas de piscines, ni de restaurants, ni de discothèques  ou de boutiques. Le village est resté tel qu'il a toujours été.  C'est au touriste de s'adapter aux habitants et non le contraire. Les touristes sont peu nombreux afin de ne pas perturber le mode de vie local. Ceux qui viennent n'auront aucun mal à discuter avec les habitants et connaître un peu mieux leur mode vie.

Une partie significative de la population complète aujourd'hui ses revenus avec une activité liée au tourisme. Différents groupes ont été formés: les « hôtes », propriétaires de pousadas, les cuisiniers ou serveurs, entraînés pour recevoir des séminaires et dispenser un service de restauration, les guides touristiques et les artisans.

Un effort a été fournit par la communauté afin mettre en valeur les anciennes techniques d'artisanat de la région. Les artisanes ont rétabli le labirinto (technique de broderie ancienne et complexe qui se perd peu à peu). Des cours d'artisanat sont organisés à l'école du village afin d'intéresser les enfants à cette activité. Une petite boutique d'artisanat est tenue par les adolescents les week-ends.

Enfin, une partie des bénéfices du tourisme est réservée pour être investi dans des projets communs. Ainsi 20% des bénéfices du tourisme sont investis dans le Fond Social et Éducationnel qui soutient l'école du village (Escola Bom Jesus dos Navegantes), coordonne les actions judiciaires de la communauté et aide le troisième âge.  Un fond de crédit rotatif a également été crée afin de soutenir les projets des habitants. Plus de 10 projets entrepreneuriaux furent ainsi soutenus depuis  1999.

D'un point de vue environnemental, des efforts restent à faire mais les habitants du village sont tout à fait conscients de leurs droits et devoirs écologiques. Les pécheurs revendiquent, appuyés par d'autres communautés, la création d'une réserve marine et l'interdiction de la pêche prédatrice. L'association des habitants organise en partenariat avec la préfecture la collecte des déchets et rêve d'une collecte sélective.  Une méthode de désinfection de l'eau par les rayons solaires est en expérimentation et les enfants de la capoeira nettoient la plage.

L'initiative des habitants de Prainha do Canto Verde a rapidement donné des idées aux communautés environnantes. Aujourd'hui se sont plus de 10 initiatives de tourisme communautaire de l'état du Cearà qui se sont regroupées au sein d'un réseau appelé Tucum.

 

 



Publié à 01:27, le 13/04/2009, dans 1.6. Le tourisme communautaire façon Prainha do Canto Verde, Fortaleza
Mots clefs : reservetourisme responsabledeveloppement durablePêche


La fabrique de balais écologiques

Le projet décris ci dessous est plus modeste que les projets précédents.   Il se différencie également par le public auquel il est destiné. Celui-ci recherche le bien être de personnes soufrant de troubles psychologiques et non celui de personnes en difficulté économique. Il répond néanmoins à plusieurs principes de l’économie sociale. De plus le processus de fabrication, simple mais efficace, de leur produit (des balais, et oui ce n'est pas très glamour) en intéressera sûrement plus d'un. La fabrique de balais écologiques est un programme de l’institut Vandick Ponte, une institution non lucrative installée à Fortaleza, qui tente de protéger et réhabiliter les porteurs de maladie mentale. L’objectif de ce programme est de tenter d’intégrer socialement les personnes atteintes d’une maladie mentale et de leur offrir une vie plus active. Le processus de fabrication des balais est également écologique car réalisé grâce au recyclage de bouteilles de plastique. Je parle d’offrir une vie plus active car les personnes intégrée au programme souffrent de maladies mentales graves. Elle ont en général vécu une période d’internation assez longue (10 à 12 ans) et ne pourrons probablement jamais intégrer le monde professionnel. La fabrique ne fonctionne que le matin, l’après midi les patients – travailleurs assistent à leur programme habituel de suivi psychologique.Le projet présente un autre intérêt pour les patients : ceux ci reçoivent un salaire pour leur travail. Ce salaire n’est pas suffisant pour vivre en autonomie mais il leur permet d’aider leur famille et de regagner un peu d’autoestime. Comment les balais écologiques sont ils fabriqués ?

Les bouteilles de plastique (bouteilles de boisson gazeuse) arrivant à la fabrique sont tout d’abord lavées. Une machine mécanique permet de les couper en fins filaments, sortes de ficelles de plastiques. Ces filaments sont enroulés autour d’un cadre et passés au four afin de les assouplir et les rendre moins coupants. A la sortie du four les filaments sont coupés et regroupés en touffes de fils de plastique. Celles-ci attachées ensemble formeront la tête du balais qui fixée à un manche en bois deviendra un vrai balais.
Un processus de fabrication extrêmement simple donc. Et écologique ! Écologique non seulement par ce qu’il recycle des bouteilles de plastique mais aussi par ce que le recyclage demande très peu d’énergie, pratiquement toutes les machines étant mécaniques.
Voici donc un exemple limpide de fabrication aisée d'un produit écologiquement et socialement vertueux.

Le seul problème que rencontre la fabrique est l’approvisionnement en matière première (les bouteilles de plastique). La ville n’est que très mal équipée en systèmes de tri des déchets. La fabrique ne disposant pas de partenariat avec les collecteurs de déchets, sa seule source de matière première est le bon vouloir de consommateurs responsables apportant leurs bouteilles de plastique usagées. Et que ce soit au Brésil ou autre part dans le monde, les consommateurs responsables ne sont pas encore très répandus...



Publié à 04:31, le 11/03/2009, dans 1.5. La fabrique de balais ecologiques, Fortaleza
Mots clefs : éco-conceptionrecyclageéconomie sociale


Banco Palmas, un système intégré de crédit, production, commerce, consommation et bonheur humain.

Cet article est consacré à une autre forme de microcrédit que celle présentée à l'article précèdent. Cette forme de microcrédit est, je crois, assez spécifique au Brésil : la banque communautaire.

Banco Palmas est la première des banques communautaires crée au Brésil (en 1998). Pour comprendre l'émergence d'une telle conception de la finance solidaire il est nécessaire de revenir sur l'histoire de la communauté.

Banco Palmas a été crée par l'association des habitants du Conjunto Palmeiras, une favela de Fortaleza (état du Ceará, région Nord Est du Brésil). Cette favela a été crée par la spéculation immobilière des années 70, qui expulsa les habitants des quartiers pauvres du bord de mer afin d'y construire de luxueux complexes touristiques. Les expulsés furent relogés à l'intérieur des terres, dans une région marécageuse, actuel emplacement du Conjunto Palmeiras. C'est un euphémisme que d'écrire que les conditions de vie dans la favela à l'époque n'étaient pas humaines : baraques de paille, boue et inondations régulières, pas d'eau courante, ni électricité, ni moyens de transport...

Pour tenter d'améliorer leurs conditions de vie, les habitants se regroupent en associations, revendiquant leurs droits à un habitat décent. L'histoire du Conjunto Palmeiras, des années 70 à la fin des années 90, est marquée par de nombreuses confrontations avec l'état où le secteur privé. En 1978, la population obtient la construction d'une école et d'un poste de santé. En 1988, après une mobilisation acharnée, les associations locales obtiennent la création d'un réseau d'eau potable. En 1991, les associations du Conjunto Palmeiras se regroupent et organisent un séminaire « Habitant l'inhabitable ». Celui-ci marque un tournant dans l'histoire de la favela notamment avec la définition d'un plan stratégique d'urbanisation de la favela sur 10 ans.

20 années de luttes pour l'amélioration de leurs conditions de vie ont crées une véritable tradition de mobilisation sociale. La favela dispose d'un journal communautaire « Desperta Palmeiras » (Réveilles-toi Palmeiras), d'une radio, et de publications régulières « Memórias de Nossa Luta »(Mémoires de notre Lutte). En 1997, les habitants ont obtenu l'asphaltage des routes, la construction d'un réseau d'égouts, la construction de maisons en dur...  Mais, malgré tout ces efforts d'urbanisation, la pauvreté économique des habitants à augmenté. Les associations locales arrivent à la conclusion que, bien qu'ayant conquit beaucoup , la population locale souffre toujours du chômage et de la pauvreté. Celles-ci prennent la décision de monter un projet permettant la création d'emplois et de revenus. L'année suivante est crée cette institution qui reçoit le nom de Banco Palmas.

Banco Palmas est crée avec une ligne de crédit de 2 000 réals ( environ 600 euros). Elle commence à prêter à quatre personnes puis doit attendre les remboursement pour pouvoir aider les suivantes. 10 ans plus tard, Banco Palmas dispose d'un millions de réals pour réaliser ses opérations de microcrédit. Cette somme est disponible grâce à un partenariat avec Banco do Brasil (première banque du Brésil).

Le modèle de banque communautaire instauré par Banco do Brasil présente 3 caractéristiques principales :

  • Gestion entièrement prise en charge par la communauté
  • Création d'une monnaie alternative: la monnaie sociale
  • Développement local auto-généré

 

La première caractéristique est facile à comprendre. Dans un objectif de création d'emplois pour la communauté, les postes nécessaires au fonctionnement de la banque sont pourvus en priorité par des membres de la communauté. Les deux autres caractéristiques nécessitent des explications.

L'idée d'une banque communautaire est d'aider au développement de la communauté. Les revenus générés par la banque doivent donc rester dans la communauté et non sortir vers l'extérieur. Pour cela l'une des innovation de la Banque Palmas est la création d'une monnaie alternative : la monnaie sociale. Le principe de cette monnaie est que l'argent de la communauté reste dans la communauté. Les prêts de la Banque Palmas sont donc effectués en monnaie sociale, appelé Palmas. Cette monnaie est cotée à 1 palmas (monnaie sociale) = 1 réal (monnaie officielle brésilienne). Les détendeurs de palmas peuvent les changer quand ils veulent contre des réals dans les locaux de la banque. Les palmas peuvent être utilisés dans pratiquement tous les commerces de la communautés.

Mais qu'est ce qui incite les habitants à utiliser des palmas plutôt que les réals ? Tout simplement les commerçants qui ont adhéré à 100 % au projet et proposent des réduction de 2 à 15% pour les paiements en palmas.

Une autre spécificité de la Banque Palmas est qu'elle n'offre pas seulement des microcrédits à la production (permettant de créer un petit négoce) mais aussi des crédits à la consommation. Offrir des crédits à la consommation dans une perspective de développement? Cela peut surprendre. Surtout quand on voit ou le crédit à la consommation à outrance a mené l'économie occidentale. Pourtant le principe est terriblement simple : comment développer une activité interne à la communauté si la communauté ne consomme pas ? Les prêts à la consommation sont donc de petits prêts progressifs allant de 20 à 100 réals qui permettent à un habitant en difficulté temporaire de payer ses factures et subvenir à ses besoins urgents. Ces prêts permettent ainsi de stimuler l'économie locale et d'aasurer un marché aux entreprises naissantes.

J'en arrive donc à la troisième caractéristique mentionnée plus haut. Le système de développement  mis en place par la banque Palmas est un système de développement auto-généré. C'est à dire que la communauté se développe en interne sans input externe. L'argent prêté par la banque continue à circuler dans la communauté ce qui multiplie son impact et permet la création d'un cercle vertueux. La banque prête de l'argent, un commerce est crée, des emplois sont crées, ceux-ci consomment plus de produits locaux, le marché local se développe,  de nouvelles opportunités de commerce apparaissent permettant la création de nouveaux emplois...

Les résultats de la banque Palmas ont de quoi faire pâlir d'envie n'importe quel banquier : actuellement 552 crédits sont accordés pour environ 1 million de réals et le taux de remboursement oscille entre 97 et 98 %. Les intérêts appliqués par la banque varient entre 2 et 3% par mois (servant uniquement à financer une partie du fonctionnement de la banque, le reste étant financé par des organismes publics).

Banco Palmas a également mis en place des programmes d'aide à la création d'entreprises solidaires pour les jeunes et pour les femmes. Palma Limpe (photos ci-dessus et ci-contre) est ainsi une entreprise de production de produits de nettoyage domestique crée par un groupe de jeunes. Palma Fashion (photo ci-dessous) est à la fois une marque de prêt à porter et une école de couture pour les femmes du quartier. Une école d'apprentissage professionnel se développe et chaque semaine un marché local est organisé afin de promouvoir la vente des produits de la communauté.

En 2009, au Brésil, existent 40 banques communautaires, toutes crées sur l'exemple de Banco Palmas. Le ministère de l'emploi et du travail brésilien a effectué récemment un sondage afin de mesurer l'impact de la Banque Palmas pour la communauté. En voici les résultats : 98% des personnes interrogées considèrent que Banco Palmas a contribué au développement du quartier, 90% déclarent que la banque a contribué à l'amélioration de leur qualité de vie, 26% ont vu leurs revenus familiaux augmentés, 22% ont trouvé un travail grâce à la banque. Ce qui explique certainement le slogan de la banque : « Banco Palmas, un système intégré de crédit, production, commerce, consommation et bonheur humain. »

Pour plus d'informations (en portugais) : http://www.bancopalmas.org.br/



Publié à 04:37, le 2/03/2009, dans 1.4. Banco Palmas et la finance communautaire, Fortaleza
Mots clefs : finance solidairemicrocrédit


Banco do Brasil développe sa propre méthodologie de microcrédit

Beaucoup d'entre vous auront certainement déjà entendu parler du microcrédit. Le microcrédit est un outil d'aide au développement. Le principe est d'accorder des prêts de faibles montants à des personnes exclues du système bancaire traditionnel afin de leur permettre de créer leur propre activité. Ceux qui connaissent le microcrédit auront certainement entendu parler de Muhammad Yunus et de la création de la Grameen Bank au Bangladesh. Au Brésil, le microcrédit prend des formes légèrement différentes. Nous allons en étudier deux variantes dans les prochains articles. 

Cet article concerne la méthodologie développée par Banco do Brasil, la plus grande institution financière du Brésil. J'ai eu l'opportunité lors de mon séjour à Belem de rencontrer Mr Lima Nogueira, responsable de cette méthodologie de microcrédit, dans les régions de Pará et Amapa.

Cette méthodologie s'appelle Desenvolvimento Regional Sustentável (traduction : développement régional durable) soit DRS pour faciliter la lecture.

Comme son nom l'indique, la méthodologie DRS a plutôt un objectif de développement durable des acteurs économiques que le développement économique des plus pauvres (comme c'est le cas pour la majorité des autres formes de micro-crédit). Banco do Brasil touche ainsi des acteurs déjà organisés, propriétaires d'une petite activité, mais qui auraient du mal à la développer de manière soutenable sans une aide extérieure.

La méthodologie DRS est basée sur les agences locales de Banco do Brasil. Il faut savoir que Banco do Brasil est sans aucun doute la banque la mieux implantée du Brésil, pratiquement chaque village possédant son agence Banco do Brasil. Les organes centraux de la banque ont donc réalisé (et continuent) un effort de sensibilisation et formation  des responsables d'agences. Ceux-ci grâce à leur connaissance du terrain sont chargés d'identifier les activités pouvant intégrer la démarche DRS.

Les candidats au micro-crédit RDS font ensuite l'objet d'un diagnostic. Ce diagnostique prend en compte les aspects économiques, sociaux, environnementaux et techniques du projet. Le diagnostique est réalisé sur toute la chaîne de valeur, depuis la production jusqu'à la commercialisation, afin d'en déterminer les points faibles, les points forts, les opportunités et les menaces.  Le diagnostique est la base de la formulation d'un plan d'action DRS visant à développer de manière durable l'activité en question. Le plan d'action DRS définit finalement les objectifs et moyens à mettre en oeuvre pour les atteindre.

C'est au moment de l'implémentation de ce plan d'action DRS que se situe la véritable valeur ajoutée de Banco do Brasil. En effet, la méthodologie DRS est fondée sur le principe de coopération entre tous les acteurs de la chaîne de valeur que ce soit l'état, les entreprises, les ONGs, les coopératives de producteurs où les syndicats.

Banco do Brasil use à ce niveau de sa crédibilité et de ses relations pour tenter d'accorder tous les acteurs précités afin de mettre en place le plan d'action DRS. Le véritable facteur de succès de cette méthodologie est donc la concertation de tous les acteurs de la chaîne de valeur.

Durant tout le processus la banque ne joue donc pas seulement le rôle d'une institution de crédit, mais surtout celui de catalyseur. C'est à ce niveau que se situe la valeur ajoutée de Banco do Brasil et c'est pour cette raison que cette initiative m'a parut suffisamment intéressante pour la relater ici.

Banco do Brasil a ainsi financé, depuis la création du programme DRS en 2003, plus de 4 000 activités dans des champs très divers tels que l'agriculture, l'artisanat, l'élevage... 

Cette expérience de microcrédit fait partie d'une stratégie plus globale de développement durable développée par Banco do Brasil. En vrac, la banque publie un agenda 21, réduit ses dépenses d'énergie depuis 98, développe une politique salariale très avantageuse, dispose de codes ethiques, mène des programmes d'alphabétisation, a crée une fondation très active, donne ses ordinateurs aux ONGs, développe des campagnes se sensibilisations au développement durable... et bien d'autres actions dont d'autres banques pourraient s'inspirer. 

 



Publié à 09:57, le 26/02/2009, dans 1.3. Banco do Brasil et le micro credit, Belém
Mots clefs : microcréditdeveloppement durable


Avis personnel et non objectif sur le Forum Social Mondial

Je suis arrivée au Forum Social Mondial sans aucune attente. Il était très difficile d'obtenir des informations sur les précédents Forums et sur l'organisation du présent. Je n'avais donc aucune idée préconçue. Malgré tout j'ai été quelque peu déçue du Forum Social Mondial de Belem.

Bien sûr la tenue d'un tel Forum me parait essentielle pour l'évolution des mouvements alternatifs. Je n'ai pas l'intention dans cet article de remettre en question l'existence d'un tel Forum. Cependant le Forum n'est pas parfait et a pâti (selon mon point de vue personnel) de certaines lacunes.

Premièrement, l'organisation. C'était couru d'avance qu'un évènement autogéré regroupant 100 000 personnes du monde entier poserait de nombreuses difficultés en terme d'organisation. Autant j'ai été agréablement surprise par les infrastructures et la sécurité (police militaire discrète et respectueuse mais néanmoins omniprésente), autant l'organisation des activités autogérées m'a parfois désespérée. C'était par exemple, un spectacle de danse Quechua où la musique a changé une bonne dizaine de fois car l'ingénieur son ne trouvait pas la bonne piste, des réunions annulées ou déplacées à l'improviste, un programme fourmillant d'erreurs ou parfois tout simplement pas de programme...

Mais le manque d'organisation n'est au final pas si important. On s'y habitue et on l'excuse au regard de la taille de l'évènement.

Un point qui selon moins a réellement fait défaut, qui aura probablement limité les débats et en tout cas m'aura fortement gêné dans ma participation au Forum, était le problème de traduction. C'était trop beau d'avoir un programme du Forum traduit en anglais, espagnol et français! Apparemment les organisateurs ont pensé qu'il n'était pas nécessaire de pousser plus loin l'effort de traduction! Toutes les activités du Forum se déroulaient donc en portugais, sans aucune traduction à l'exception de quelques rares conférences d'importance. Ce n'est pas que je rechigne à parler portugais, au contraire je suis bien contente d'avoir l'occasion actuellement d'apprendre une nouvelle langue. Mais mon niveau de portugais est encore très loin du niveau nécessaire pour pouvoir participer et comprendre des débats tels que ceux du Forum. Je ne pense d'ailleurs pas me tromper en affirmant que peu d'étrangers lors Forum maîtrisaient parfaitement le portugais.

Il me paraît surprenant qu'un forum qui se veut Mondial ne se déroule que dans une langue qui n'est en outre pas une des langues les plus connue au monde. Comment peut-on mener un débat ouvert sur le monde en excluant la plus part des participants étrangers par leur langue? Une traduction en anglais ou espagnol, pas nécessairement systématique mais au moins plus présente aurait sans aucun doute permis à de nombreux visiteurs étrangers de participer plus activement au Forum.

J'en arrive à ma principale conclusion: le Forum de Belem m'a parut être plutôt un forum social brésilien qu'un forum social mondial. Premièrement, par la langue, comme expliqué précédemment. Deuxièmement, par l'énorme supériorité des brésiliens en terme de nombre d'organisations participantes et en terme de participants indépendants. Car il faut aussi savoir qu'une grande partie des 100 000 participants revendiqués par le Forum étaient aussi des habitants de Belem venus par curiosité assister au Forum.

Dernière critique que je me sens le devoir d'assener au Forum Social de Belem. Celui-ci était placé sous le signe cette année de l'Amazonie, du combat de ses peuples et de l'urgence environnementale. Le combat des peuples d'Amazonie a été largement représenté au Forum avec forte présence d'organisations indigènes. Là dessus, aucune critique à effectuer. Par contre pour ce qui est de la problématique environnementale le Forum a présenté non seulement des lacunes mais aussi des contradictions.

Au Forum il était possible de trouver à foison des conférences sur la crise financière, sur l'éducation, sur l'écologie, sur le réchauffement climatique, sur le droit des peuples, sur les problèmes crées par la grande distribution, sur la criminalisation des mouvements sociaux...par contre pratiquement pas un mot sur les énergies renouvelables, le pétrole, les biocarburants et les OGM!! Encore une lacune qui est d'autant plus surprenante que l'on se demande comment parler de déforestation sans aborder le problème des champs de soja amazonivores destinés à la production de biocarburants. Et comment parler du réchauffement climatique sans porter une attention toute spéciale au débat énergétique?

A ces lacunes s'ajoutent de nombreuses contradictions. comme le fait que le forum, qui se veut indépendant de tout mouvement politique ou capital libéral, soit financé en partie par Petrobras, le Total brésilien... Je laisse au lecteur le soin d'en tirer les conclusions qu'il souhaite... Ce genre de contradiction a pu être poussée encore plus loin au niveau des stands institutionnels où l'on pouvait trouver l'un en face de l'autre l'association contre la construction de barrages en Amazonie et le syndicat des travailleurs pétroliers...

Ceci représente donc une critique très personelle du Forum Social Mundial 2009. C`etait mon premier Forum et il est certain que si j`assiste un jour à un autre Forum je serais bien plus préparée pour encaisser son organisation déconcertante.

Ceux qui souhaitent obtenir plus d`informations sur le Forum ainsi qu`un autre point de vue pourront visiter le blog de libération entièrement dédié au Forum: http://belem.blogs.liberation.fr/forumsocial/



Publié à 04:17, le 13/02/2009, dans 2.5. Avis personnel et non objectif sur le Forum Social Mondial 2009, Belém
Mots clefs : AltermondialismeForum Social MondialAmazonie


Savoirs, saveurs et rythmes d'Amazonie

L'avant dernier jour du Forum Social j'ai participé a une activité auto-gérée quelque peu particulière: une marche écologique dans le parc régional d'Utinga. Cette activité avait pour objectif de présenter et d'affirmer la diversité culturelle des peuples d'Amazonie.

En effet on se trompe fortement si on pense que l'Amazonie n'est peuplée que d'indiens. L'Amazonie présente une grande diversité socio-culturelle, chaque population revendiquant le droit de vivre et de se développer sur un territoire qu'ils considèrent leur. Ce sont bien sûr en premier lieu les peuples indigènes (ici on dit indigène et non indien qui sonne péjoratif), mais aussi les afro-descendants où culture Quilombo, les Caboclos, et enfin les paysans sans terre.

Chacun de ces groupes culturels (et c'est là l'une des grandes difficultés de la région amazonienne, j'y reviendrais plus tard) revendique son droit à l'intégrité territoriale et au développement économique. La marche écologique du Forum Social avait donc pour objectif de présenter la diversité culturelle des peuples d'Amazonie.

Pour cela, rendez-vous a 8h du matin a l'entrée du parc Utinga.

La personne qui m'a conduit jusqu'au parc me laisse rapidement a la charge des organisateurs de la marche en leur expliquant que je suis française. Je suis la seule étrangère des participants, un peu une curiosité donc. A partir de ce moment, je reste accompagnée d'un organisateur à chaque moment. Comme a peu près tout le Forum Social, l'organisation de cette activité est difficilement compréhensible. J'arrive tout de même a savoir que si nous avons attendu 2 heures avant de commencer la marche c'était pour attendre les retardataires...

Après une représentation de Capoeira, les participants se divisent en quatre groupe chacun suivant un chemin thématique représentant chacun un des peuple d'Amazonie:

- Le peuple Indigène. Sa population est estimée à 226 000 habitants, sachant qu'une cinquantaine de tribus ne sont pas encore entrées en contact avec d'autres cultures.  La population indigène lutte pour garantir son droit de maintenir et disséminer son héritage socio-culturel et obtenir la reconnaissance de son droit territorial.

- La culture Quilombos, est une autre culture fondatrice de l'identité brésilienne.  Le Brésil a représenté environ 40% de l'esclavage mondial, principalement dans les régions du Nord et du Nord-Est cultivatrices de coton, cacao et sucre de canne. Les descendants des esclaves africains ont crée une culture propre, syncrétisme de la culture catholique et de leurs origines africaines.  

- La population Cabocla où Riberinha résulte du métissage entre indiens et blancs. Son mode de vie est entièrement lié à la région amazonienne et aux ressources offertes la forêt et les fleuves. Malgré cela (ou pour cela) elle est souvent en conflit avec la population indigène.

- Les Sans-terres se sont constitués au fil des luttes historiques des paysans pour leurs droits. Ils revendiquent une réforme agraire efficace leur garantissant le droit à l'usage et la possession de la terre. Ils occupent des propriétés agricoles dans l'objectif d'affirmer leurs droits et mode de vie.

 Je choisit pour ma part le parcours des peuples indigènes. Nous rejoignons donc un groupe d'indiens venus pour le Forum Social Mondial avec Femmes et enfants. Nous entamons une marche rythmée par les chants indigènes et les déclamations des organisateurs pour le respect des terres.

Arrivées plus tard dans une clairière, je comprends que les indiens entament une cérémonie qui leur est propre en plantant des tiges de roseau dans la terre. Les danses des indiens sont suivies par les danses de trois acteurs représentant la lutte des peuples indigènes pour leurs droits et leur indépendance.

Après les chants, place aux tatouages. Les indiens peignent leurs corps avec une mixture noire dont je n'ai jamais réussi a connaître la provenance. Reste que cette mixture colore la peau en gris foncé, couleur qui restera 10 a 15 jours. Les indiennes réalisent avec une grande dextérité ces peintures tribales sur partie ou totalité du corps à l'aide d'une petite tige souple et fine.

Nous rejoignons ensuite les autres groupes dans un espace défriché au bord d'un lac. A cet endroit a été monté une petite scène. Des personnes se relaient sur la scène pour déclamer des poésies. Je ne les comprends pas très bien car je ne suis pas encore une experte du portugais mais l'assistance paraît adorer.

Derrière nous nous attendent plusieurs centaines de petits plants d'arbres. Pour clôturer dignement cet évènement écologique, un espace est prévu au bord du lac pour être reboisé. J'embarque donc deux plants d'arbres et part suivre un de mes accompagnateurs. La terre est très meuble et humide, gadouilleuse. Je suis néanmoins surprise par la facilité avec la quelle je plante mes deux pousses d'arbre. Même pas besoin d'utiliser de pelle! J'aurai donc planté deux arbres de mes mains lors de mon passage en Amazonie!

 

 



Publié à 11:39, le 11/02/2009, dans 2.7. Savoirs, saveurs et rythmes d Amazonie, Belém
Mots clefs : CapoeiraQuilomboCaboclosPeuples indigènesForum Social MondialAmazonie


Le Forum Social Mondial 2009

La huitième édition du Forum Social Mondial 2009 s'est déroulé du 27 Janvier au 1er février au Nord du Brésil, à Belem. Les trois éditions précédentes s'étaient déroulées en dehors du Brésil (Forum polycentrique en 2006, Forum de Nairobi en 2007, et journée mondiale d’action décentralisée de 2008) dans un esprit d'élargissement du mouvement. En 2009 le Forum revient au Brésil mais pas n'importe où. A Belem, capitale de la région amazonienne du Pará. Ce Forum est donc placé sous le signe de l'Amazonie, de l'urgence environnementale et du combat de ses peuples.

Tout d'abord, revenons sur les raisons de l'existence du Forum Social Mondial (FSM). Celui-ci a été crée en opposition au Forum économique de Davos. Il a pour objectif de réunir les acteurs des mouvements alternatifs afin de leur permettre de se rencontrer et de créer des synergies. Le FSM est donc un espace de discussion et d'expression sur toutes les questions sociales et environnementales qui touchent notre monde.

Le FSM a un mode d'organisation particulier: pas de ligne directrice, pas de chef, tout le monde est égal et peut participer. Les activités sont autogérées, c'est a dire qu'elles sont proposés et organisées par toute organisation qui le souhaite. Le comité organisateur ne s'occupe que de l'organisation physique de l'évènement.

Le FSM de Belem est organisé dans l'enceinte des universités de la ville de Belem. Il y deux grandes universités à Belem: l'UFRA et l'UFPA. Le FSM est donc en quelque sorte divisé en deux mais de nombreux bus font la liaison. L'université de l'UFPA est très agréable car située au bord du fleuve. Des scènes et des stands de spectacle sont disséminés dans les universités. Un grand campement de la jeunesse est organisé au sein de l'UFRA.

Pas de FSM sans manifestation! Le 27 janvier premier jour du Forum, une grande marche est donc organisée. Elle parcouru une bonne partie du centre ville et réuni pratiquement tous les mouvements participants.

Le 28 janvier est le jour de la Pan-Amazonie. Celui-ci débute par des démonstrations de danses traditionnelles des populations d'Amazonie et des Andes. A partir de ce moment la vie du Forum sera rythmée par les activités autogérés. Un programme  plus que fourni est distribué à tous les participants. Chaque activité autogérée dure trois heures. La quantité d'activités autogérées est incroyable. Il est d'ailleurs inhumain de tenter de lire dans l'entier le programme des activités tant celui ci est conséquent (150 pages! autant dire indigeste!).

Les mouvements qui s'expriment au Forum sont plus que variés: mouvements travaillistes, homosexuels, chrétiens, féministes, révolutionnaires, végétariens, écologistes, indigènes, communistes, socialistes, syndicalistes... Il va sans dire que cela crée parfois des contradictions. Par exemple, au niveau des stands institutionnels ont trouve l'association contre les barrages en Amazonie et en face, le syndicat des travailleurs du secteur minier!

J'assiste à ma première activité le jeudi 29. La réunion doit parler de la Banque communautaire Palmas. Cette banque est exemplaire au Brésil. Des prêts sont accordés a la communauté pour la création d'activités solidaires. Une monnaie locale a été crée afin que l'argent généré par la communauté reste dans la communauté. Située à Fortaleza, je tenterai de visiter cette banque lors de la suite de mon voyage. La banque Palmas a crée de nombreux suiveurs dans tout le Brésil. Beaucoup de responsables de ces banques se retrouvaient à cette réunion.

J'ai pu expérimenter ainsi une discussion autogérée à la brésilienne. Le but de la discussion était un échange d'expériences de gestion de banques communautaires. Tout le monde était assis, en cercle, sur des chaises ou en tailleur sur le sol. La discussion se déroule tranquillement. Ceux qui veulent parler doivent s'inscrire sur une liste informelle. L'animatrice du débat, une responsable de la banque Palmas, est assise au sol et répond aux questions et interventions des participants. Voici donc comment se déroule ma première activité du FSM. Une discussion ordonnée, oú tout le monde peut parler et exprimer son avis, tant qu'il attend son tour.

La seconde activité a un nom prometteur: "Echange d'expériences d'autogestion". J'arrive en retard, étant allée acheter quelque chose à manger. Cela ne pose pas de problème. Au FSM je me rends vite compte que chacun rentre et sors des activités comme il veut quand il veut. L'assistance est encore une fois répartie en cercle. Chacun doit se présenter rapidement, je me plie donc à la règle dans un portugais plus qu'imparfait. Ensuite à ma grande surprise je me rends compte que la séance a en réalité pour but de préparer et définir le sujet de la réunion du lendemain! Et une séance de perdue! J'attends donc la fin et rejoins quelques amies brésiliennes pour assister a un concert de Carimboa, musique locale, qui a lieu au sein de l'université.

Le lendemain je choisis de visiter deux activités: "Commerce et environnement: perspectives et défis internationaux du développement durable" puis "Ecotourisme: le voyage comme échange culturel entre les peuples dans l'équité, la durabilité et le respect ". Celles-ci se déroulent toujours sur le même modèle que les précédentes. Je parcours ensuite de secteur des stands de l'économie solidaire. Ceci me permet de lier de nombreux contacts pour les futures visites de mon projet. Enfin je rencontre un français, qui me raconte être logé sur un bateau avec toute une délégation de 300 français (je n'en aurait appercu aucun sur le Forum!). Il me décris également le débat de la veille, auquel il a pu assiter, avec le club des cinq: Chavez, Lula, Morales, Correa et Lugo. (Présidents dans l'orde du Venezuela, Brésil, Bolivie, Equateur et Paraguay). Selon lui il y avait une ambiance du tonnerre! Par contre ni lui ni moi n'avons vu Ségolène, qui ici est connue que comme "la femme qui a faillit être présidente en France".

 

 



Publié à 11:21, le 31/01/2009, dans 2.6. Le Forum Social Mondial 2009, Belém
Mots clefs : Forum Social MondialAmazonie


De Manaus à Belem ou le pré-Forum Social

Après la dureté de Manaus, ville au milieu de l'Amazonie dans laquelle on sens pas l'amazonie, je reprends le bateau direction Santarem. Deux jours de bateau sont nécessaires pour joindre Santarem depuis Manaus. Là je m'accorde trois jours de "pause vacances". Il faut bien se reposer un peu au milieu de cette descente de l'amazone qui bien que agréable est assez fatigante!

A une heure de route de Santarem se situe le village d'Alter do Chao. Cet endroit est surnommé "les caraïbes de l'amazone". Plage de sable fin, eau (presque) limpide et soleil (quand il ne pleut pas, saison des pluies oblige). L'endroit parfait pour faire une pause!

Je reprends la route le samedi 24 janvier et embarque à Santarem pour ma troisième et dernière traversée fluviale. Trois jours de bateau sont necessaires pour rejoindre l'estuaire de l'amazone. Au bout du fleuve l'Atlantique... Et Belem... Et le fameux Forum Social Mondial (FSM)...

Aguerrie par mes deux expériences précédentes (trajets Tabatinga-Manaus et Manaus-Santarem) je monte d'un pas assuré sur le bateau. Mon oeil avisé cherche une place convenable au milieu des hamacs du deuxième pont (bien plus confortable car moins de bruit de moteur). Dès l'endroit propice repéré, je suspends en vitesse mon hamac de manière à surplomber mes voisins. Cette technique est la seule manière que j'ai trouvé pour pouvoir dormir à peu près convenablement. Le bateau est particulièrement bondé et l'enchevètrement de passagers dans leurs hamacs parait comme un champ de chrysalides multicolores.

Sur le bateau pratiquement tous les passagers sont des participants du FSM. L'ambiance est donc radicalement différente de celle des autres traversées. Le navire présente des airs de pré-forum. Une sorte de Babel miniature où la langue la plus commune est le portugnol. Vénézueliens, Colombiens, brésiliens, argentins, Paraguyens se mélangent et parlent avec enthousiasme des organisations qu'ils comptent représenter.

Le premier soir, sur le pont supérieur, le Forro habituel est vite remplacé par de la Salsa. Les gens s'empressent de pousser les tables pour danser ( ce qui n'arrivait pas sur les autres bateaux). S'engage alors une sorte de lutte musicale entre les différentes nationalités présentes sur le bateau.

Pour explication: le Forro est une musique du Nord du Brésil. Très rythmé, mélant guitare, acordéon et percussions, le Forro se danse un peu comme le Rock'n Roll mais en plus langoureux. Depuis mon entrée au Brésil je n'entend que Forro. Celui-ci passe sans interruption dans les boutiques, les rues, les restaurants... Par contre je n'avais pas entendu une once de Samba ou de Bossa Nova depuis mon arrivée. Ces deux musiques provenant du Sud du Brésil, ne sont pratiquement pas écoutées au Nord, selon ce que l'on m'expliqua plus tard.

Revenons donc au bateau. Alors que les brésiliens du Nord écoutaient avec délectation leur Forro habituel, les autres nationalités hispanophones demandèrent de la Salsa. Mais c'était sans compter sur les voyageurs provenant de Sao Paulo qui sortirent leurs disques de Samba! Et voici comment s'engage une joute musicale sur un bateau descendant l'amazone!

Le lendemain, après le petit déjeuner, une vénézuelienne passe au milieu des hamacs en avertissant les passagers somnolents: "Ceux qui vont participer au Forum, venez vous joindre à nous, nous allons organiser une réunion!". Je rejoins donc le pont supérieur.

La réunion débute par un concert improvisé. C'est une famille de Colombiens (le père, la mère, le fils et la fille) qui joue des airs militants des Andes. J'apprendrais plus tard que la petite famille voyage depuis 8 ans autour de l'Amérique latine en vivant de leur musique et artisanat. Des saltimbanques modernes...

Après l'incontournable oraison à dieu suivie du Notre Père (et oui on est en Amérique du Sud! ici tout le monde est chrétien pratiquant) la réunion peut enfin commencer. Chacun est invité à présenter son organisation où les raisons de sa venue au Forum. Les mouvements présents vont du plus évident au plus surprenant: représentants de peuples indigènes demandant le respect de leur territoire, travailleurs sociaux du Paraguay,  association des hommes blancs mariés à des femmes indigènes, mouvement des prêtres (chrétiens évidement)  demandant la possibilité de se marier... Une vénézuelienne commence à parler de Chavez et des bienfaits du mouvement révolutionnaire pour son pays. Les autres écoutent avec intérêt. Une femme indienne revendique l'intégrité de son territoire...

La réunion se termine lorsque le bateau fait escale et que les passagers descendent acheter des fruits et des glaces. La vie du bateau reprend ensuite son cours...tranquille. Les lecteurs lisant, les artisans fabriquant leurs colliers et les désoeuvrés regardant défiler le fleuve en bavardant. Le soir la joute musicale reprends jusqu'à ce que tout le monde aille dormir. Enfin, le lendemain nous arrivons a destination: Belem!



Publié à 04:08, le 30/01/2009, dans 2.4. De Manaus a Belem ou le pre Forum Social, Belém
Mots clefs : ForroForum Social MondialAmazonie


La Fondation Almerinda Malaquias

Deuxième étape à Manaus: visite de la Fondation Almerinda Malaquias. Située à Novo Airão, à environ 6 heures de route de Manaus, cette fondation a été crée il y a plus de 10 ans par un brésilien Miguel Rocha da Silva et un suisse Jean Daniel Vallotton.

Pour bien comprendre l'intérêt de cette fondation, il est nécessaire d'expliquer la situation de Novo Airão, très représentative du paradoxe local entre développement social et préservation de l'environnement.

Novo Airão est une commune de 38 000 k², une taille habituelle dans une région aussi immense que l'état d'Amazonas. 85% du territoire de Novo Airão est constitué de parcs nationaux notamment l'archipel des Anavilhanas classé patrimoine mondial de l'humanité. Les habitants vivent donc en grande majorité dans la ville de Novo Airão.

Petit village il y a 10 ans, Novo Airão est désormais une ville de 15 000 habitants. La promesse du gouvernement régional de développer l'économie locale a favorisé l'arrivée en ville de familles des communautés rurales attirées par le rêve d'une vie meilleure.

Parallèlement le gouvernement Brésilien a endurci les lois de protection de l'environnement et la réglementation des réserves. De nombreuses activités économiques ont disparu car n'étant pas en accord avec les lois de préservation des réserves. Une grande partie de la population s'est retrouvée sans moyens de subsistance et s'est tournée vers l'économie illégale.

Là se situe tout le paradoxe de la région amazonienne. Le gouvernement souhaite préserver certaines parties de la forêt amazonienne en créant des réserves, ce qui est positif en soi. Mais les populations locales se retrouvent en conséquence sans emploi. Aucune solution alternative ne leur étant proposée, la population pratique pour subsister des activités illégales extrêmement négatives pour l'environnement comme la chasse au caïmans ou la coupe de bois.

La fondation Almerinda Malaquias tente de répondre à cette problématique en fournissant une possibilité d'emploi à la population locale dans le respect de l'environnement.

La fondation a été crée dans l'objectif de développer une activité d'artisanat utilisant les déchets de bois des chantiers de construction navale.

La fondation a tout d'abord formé des habitants de Novo Airão à la menuiserie et à l'ébénisterie. Ceux-ci ont ensuite la possibilité d'intégrer l'association de producteurs Nov'Arte . Cette association est administrée pas 7 artisans volontaires. Les artisans fabriquent des objets de décoration a partir du bois récupéré des chantiers navals. Les objets sont ensuite vendus principalement au Brésil, à Sao Paulo et Rio, et un peu en Europe.

L'association reverse 20 à 25 % de ses bénéfices à la fondation pour les frais de logement et de matériel. L'association Nov'Arte est indépendante économiquement et subvient elle même à ses besoins. La demande actuelle supplante les capacités de production, ce qui lui promet un bel avenir.

Nov'Arte a reçu en 2006 le prix Top 100 Artisanat du Brésil.

La Fondation Almerinda Malaquias continue de son coté son travail d'éducation afin de permettre à la population locale d'avoir la vision et les connaissances nécessaires à une autonomie économique, sociale et environnementale.

Divers ateliers sont organisés dans cette optique:

- L'atelier des enfants: sensibilisation des enfants à la nécessité de maintenir un équilibre entre l'être humain et la nature.

- Programme Pro - Futuro: préparation des adolescents à la vie professionnelle, valorisation de l'individu, esprit associatif.

- Ecole sylvestre: leçons pratiques d'éducation à l'environnement. Etude des plantes médicinales, pépinière, usage correct des ressources naturelles.

- Formation continue des adultes à la gestion empresariale, cours de comptabilité, vente, accueil du client.

Dernièrement la fondation a développé une nouvelle activité à base de papier recyclé permettant d'offrir de nouveaux débouchés aux femmes du village.

Pour plus d'informations vous pouez visiter le site de la Fondation: www.fam-na-am.com.br

Les parisiens auront la chance de pouvoir trouver en vente certains des objets fabriqués par les artisants de Nov'Arte à l'adresse suivante: Lost Art, 6 rue de la Bucherie, 75 005 Paris.  



Publié à 01:55, le 27/01/2009, dans 1.2. La Fondation Almerinda Malaquias, Manaus
Mots clefs : recyclageéconomie socialecommerce équitableAmazoniereserve


L’INPA et la réserve de Piagaçú – Puru

A Manaus se trouve un organisme de référence concernant l'étude de toute donnée relative à l'Amazonie : l'INPA (Instituto Nacional de Pesquisas da Amazônia) ou Centre de recherches national sur l'Amazonie. La mission de l'INPA est de collecter, gérer et diffuser les connaissances scientifiques et techniques relatives à l'Amazonie. Ce centre de recherches regroupe plus de 200 chercheurs étudiant les thèmes les plus diversifiés comme les maladies tropicales, le climat, l'agronomie, les médecines naturelles, l'écologie...

A l'INPA j'ai rencontré le Docteur Claudia Pereira de Deus, biologiste spécialisée en écologie des populations aquatiques. Les activités de l'INPA concernant la protection de l'ecosystème amazonien sont multiples, mon interlocutrice s'est donc concentrée sur la description de l'une d'entre elle : la création de la réserve de Piagaçú - Purus.

Avant de rentrer dans le détail de cette initiative, il est nécessaire d'expliquer le fonctionnement des réserves naturelles au Brésil. Au départ il n'existait qu'un modèle de réserve naturelle : l'APA (Área de Proteção Ambiental). Ce modèle interdit la présence de toute population autre que les communautés indigènes historiques sur le territoire de la réserve. De premier abord, cela parait une bonne idée. Malheureusement, d'autres populations peuplent souvent ces territoires : les Caboclos (métis  entre blancs et indiens). Ceux-ci sont donc expulsées du territoire et doivent se reloger ailleurs avec tout le cortège de conflits sociaux qui en découle. Dans les années 90, le chercheur José Márcio Ayres a mené une réflexion sur la relation entre les habitants et la nature et la nécessité d'intégrer les habitants (notament les caboclos) à la gestion des réserves. De cette réflexion est née une première réserve, Mamiraúa, située à l'ouest de l'Amazonie brésilienne, puis un nouveau modèle officiel de réserve : RDS (Reserva de Desenvolvimento Sustentável). Celui-ci préconise la participation intensive des populations locales dans la création, la gestion et la préservation de la réserve.

Nous arrivons enfin au but : la réserve de Piagaçú - Purus a été crée sur ce dernier modèle de réserve. De création récente, en 2003, cette réserve est géré à la fois par les chercheurs de l'INPA, l'état brésilien, et les communautés locales.

Le Docteur Claudia Pereira, un des chercheurs travaillant sur ce projet, m'a décris les différentes problématiques liées à la création de cette réserve.

  • - La réserve dispose d'une superficie de 800 km², 14 espèces différentes de primates y vivent dont certaines en voies de disparition. La réserve est traversée par le fleuve Puru ou l'on trouve également des «peixe-boi» ou lamantins en français. Ce sont des mammifères herbivores en voie de disparition, vivant dans les eaux troubles de l'Amazone et dans quelques autres régions du globe.

- La superficie de la réserve englobe quatre communautés (au sens de commune) et deux peuples indigènes: Mura et Apurina. Il existe des conflits entre les indiens et les communautés caboclos. Une des grandes difficultés de la création de la réserve aura donc été de concilier indiens et non indiens, ceux-ci revendiquant souvent la propriété du même territoire.

- La pêche était très importante dans cette région. Une grande partie du poisson de Manaus provenait d'ailleurs du fleuve Puru. Les créateurs de la réserve ont décidé, dans un objectif de développement durable des populations, de ne pas interdire complètement la pêche. Les espèces non menacées sont donc autorisées à la pêche mais d'une manière très régulée et fiscalisée.

- La chasse est une activité naturelle pour les peuples indiens. Une loi brésilienne autorise la chasse d'espèces non menacées pour sa propre consommation mais non pour la vente. Les deux peuples présents sur le territoire avaient cependant l'habitude de chasser le lamantin. Un long travail d'éducation a donc été réalisé par les chercheurs afin d'expliquer aux populations locales les raisons de l'interdiction de la chasse du lamantin.

- La chasse au caïman, bien qu'illégale était également fort pratiquée dans la région, tout comme l'exploitation illégale du bois. Un travail de fourmis a été réalisé par les chercheurs afin de récolter des informations sur ces activités illégales puis les éradiquer définitivement.

- Enfin, une partie du travail des chercheurs s'est également concentré sur l'éducation et la santé des habitants de la réserve.

Voici donc un résumé des différents aspects de la création d'une réserve RDS. Ce type de réserve demande beaucoup plus d'attention et de travail que le premier modèle présenté. Un immense travail d'éducation de la population locale et de conciliation doit être engagé et celui-ci prend beaucoup de temps. Mais le résultat final est bien meilleur car il évite le déplacement de populations et au contraire permet un développement soutenable de celles-ci, en accord avec leur environnement.  

Mes recherches à Manaus me permettent de mesurer la difficulté, exacerbée dans ce territoire, de concilier protection de l'environnement et développement social. C'est un thème que j'aprofondirait dans mes prochains articles.



Publié à 03:11, le 19/01/2009, dans 1.1. La reserve de Piagaçu Puru, Manaus
Mots clefs : developpement durableAmazoniereserve


Comment je suis entrée au Brésil par le Nord...

Je suis entrée au Brésil, par voie terrestre, le 6 janvier 2009. J'ai fait ce choix de départ improbable car il permet de  traverser cet immense et fascinant territoire qu'est l'Amazonie d'ouest en est. Cette route emprunte l'Amazone depuis le Pérou (où se situe sa source) jusqu'au nord du Brésil et passe par un triple point de frontière : Pérou - Brésil - Colombie.

Les bateaux en provenance du Pérou débarquent leurs passagers à Santa Rosa, une petite île verdoyante et peuplée de maisons de bois sur pilotis. Une pirogue permet de joindre ensuite le rivage où se jouxtent les frontières brésiliennes et colombiennes. C'est en réalité une seule et même ville, étendue sur deux pays différents, qui attend le voyageur. Deux noms (Tabatinga coté brésilien - Leticia coté colombien), deux monnaies (reals et pesos), deux langues (portugais et espagnol), mais seul un petit panneau marque la frontière sur la grande route qui traverse la (les  deux) ville(s). On passe donc du Brésil à la Colombie comme on traverse un passage piéton.  Petit détail amusant : la loi concernant le port du casque en moto (il y en a à profusion dans ces villes d'Amazonie) est plus stricte en Colombie qu'au Brésil. Les motards en provenance du Brésil s'arrêtent donc à la frontière pour louer un casque et le rendent à leur sortie de Colombie !

A Tabatinga, embarquement pour un bateau direction Manaus, capitale de la région brésilienne d'Amazonas. Mon embarcation ? ni une pirogue, ni un bateau de croisière mais une sorte de bateau à vapeur du Mississipi, mais sans vapeur et plus petit.  A trois étage, ces ferry amazoniens transportent à la fois voyageurs et marchandises. La liaison Tabatinga - Manaus dure 4 jours, c'est donc une traversée au rythme de l'ère pré-avions qui s'entame.

Aux premières heures du jour, les passagers embarquent avec leurs hamacs et les suspendent au premier et deuxième pont, le troisième étant une terrasse. Toute la difficulté du voyage réside dans le choix stratégique de suspension du hamac. Les paramètres pour obtenir un endroit un tant soit peu confortable sont multiples : se situer loin des toilettes et points de passage, éviter les ronfleurs et les bavards, disposer d'un minimum d'espace entre ses voisins et fuir le premier pont où se chargent et se déchargent les marchandises à n'importe qu'elle heure du jour ou de la nuit. Et aux oubliettes le doux balancement du hamac berçant le dormeur ! La nuit les deux ponts sont comme des dortoirs géants, les hamacs sérés les uns contre les autres comme des chemises dans une penderie.

Les journées s'écoulent lentement, au fil de l'eau et au rythme du Forro diffusé au maximum de son volume toute la journée. La vie sur le bateau commence à 6h du matin avec le petit déjeuner et se termine à 6h du soir avec le dîner (le tout pris communément bien sûr). Les rives du fleuve Amazone (qui s'appelle Solimões sur cette partie) défilent continuellement, identiques et toujours différentes. Les ports, où s'arrête régulièrement le bateau pour décharger et charger marchandises et passagers, sont les seul points d'urbanisation. Le reste du fleuve est parsemé de rares habitations, cubes de bois colorés perdus au milieu de la forêt. Les embarcations autres que pirogues sont rares. 

Au bout de 4 jours, arrivée à Manaus, capitale de la région Amazonas. Première impression marquante de Manaus : sa chaleur étouffante. Évidement, quatre jours sur une embarcation en perpétuel mouvement m'ont habitué à un constant mouvement de l'air allant de la petite brise rafraîchissante au coup de vent plus violent. A Manaus, non seulement l'air circule peu mais le bitume et les gaz d'échappement rendent la chaleur moite de l'Amazonie beaucoup moins supportable.

Bitume et gaz d'échappement, cela vous étonne ?  Manaus est une sorte d'abération de 2 millions d'habitants au milieu de ce territoire precieux et fragile qu'est l'Amazonie.  Manaus est une grande ville comme une autre, animée de marchés, de rues commerçantes, d'entreprises et de monuments historiques. Sauf que cette ville est située en plein milieu de l'Amazonie, accessible uniquement par avion ou bateau. Une abération donc. Comme le serait Paris sur le Mont Blanc, où Londres au milieu du Sahara.

Construite à l'époque du « gaucho », l'âge d'or du caoutchouc, cette « abération » est le résultat de l'enrichissement des propriétaires d'exploitations de caoutchouc.  En témoignent les nombreux bâtiments néo-classiques importés pièces par pièces d'Europe par de riches producteurs souhaitant créer une ville « civilisée » dans cette région inaccessible. L'âge d'or du caoutchouc est loin désormais et Manaus est surtout un centre urbain pollué et sale où transitent toutes sortes de marchandises provenant de la forêt. Ironiquement, c'est à  Manaus, monstre naturophage, que débute ma recherche d'initiatives du développement durable...



Publié à 01:38, le 19/01/2009, dans 2.3. Comment je suis entree au Bresil par le Nord, Manaus
Mots clefs : Amazonie


Le projet Brésil Durable

Le projet Brésil Durable est né de l'idée qu'il est possible de concilier environnement, social et économie, les trois pilliers du développement durable.

Réchauffement climatique, sécheresses et inondations, hausse du coût des matières premières, élargissement du faussé entre riches et pauvres, raréfactions des carburants fossiles, crise financière sont les maux qui nous entourent. Tant de défis à relever, et autant pour les générations futures.

Des alternatives existent. Elles ne sauront pas résoudre à elles seules les difficultés de la planète, mais l’espoir est permis. Ces alternatives commencent à se faire connaître. Elles s’appellent microcrédit, agriculture raisonnée, commerce équitable, investissement solidaire… mais sont surtout regroupées sous le terme économie sociale.

Il est possible d'inventer une autre économie, où le profit n'est plus l'objectif prioritaire sinon la création de valeur ajoute pour la société et l'environnement. 

Le projet Brésil Durable souhaite atteindre deux objectifs : sensibiliser les jeunes français au développement durable et à cette nouvelle forme d’économie, observer et comprendre la mise en place de projets de l’économie sociale dans les pays du sud.

Ce projet est un dialogue entre le Nord et le Sud. Dialogue entre ceux du Nord qui s'engagent au Sud et les habitants du Sud qui s'engagent dans leur pays.

Car nous avons beaucoup à apporter mais aussi à apprendre des pays du Sud.



Publié à 09:26, le 6/12/2008, dans 2.1. Le projet Bresil Durable, Suresnes
Mots clefs : Brésil Durabledeveloppement durable

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Déroulement du projet

Le projet Brésil Durable est organisé en plusieurs phases.

  •  Avant le départ, deux séances ont été organisées avec les enfants élus au Conseil Communal de la Jeunesse de Suresnes. Ces deux scéances avaient pour objectif de sensibiliser les enfants aux problématiques qui nous entourent et qui les concernent aussi: pauvreté, éducation, pollution, biodiversité, déforestation, réchauffement climatique...

Il était également important de leur apporter un message d'espoir en leurs présentant diverses solutions: éco-gestes, énergies renouvelables, agriculture biologique, commerce équitable, micro-crédit...

Les enfants ont réalisé à la suite de ces séances des dessins représentant les solutions qu'ils désireraient développer ou les craintes qui les touchent pour le futur.

  • La deuxième partie du projet consiste en la rencontre d'initiatives de l'économie sociale au Brésil. Je voyagerai de janvier à avril au Brésil afin de rencontrer les personnes qui s'engagent sur place et les bénéficiaies de ces projets. Chaque projet visité fera l'objet d'une description sur ce blog.

N'hésitez pas à vous inscrire à la news letter afin d'être tenus au courant de la sortie de nouveaux articles!

Mon trajet au Brésil s'étend du Nord au Sud. Mon point de départ est Iquitos, ville de l'Amazonie péruvienne. Je prendrais début janvier un bateau qu'il m'emmènera jusqu'à la frontière brésilienne, puis je continuerai à descendre l'amazone jusqu'à son estuaire. Arrivée à Belém, j'aurai la chance d'assister au Forum Mondial Social du 27 janvier au 1er février 2009. Je continuerai ensuite mon voyage, au fil des rencontres, en descendant la côte brésilienne.

 Au retour une exposition pédagogique sera réalisée dans la ville de Suresnes. Celle-ci présentera le travail des enfants, les projets visités et les photos des hommes et femmes qui s'engagent sur place.



Publié à 09:00, le 6/12/2008, dans 2.1. Le projet Bresil Durable, Suresnes
Mots clefs : Forum Social Mondialéconomie socialeCCJBrésil DurableAmazonie

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Le Conseil Communal de la Jeunesse de Suresnes

Le Conseil Communal de la Jeunesse de Suresnes (CCJ) est une assemblé consultative composée de 42 jeunes du primaire et du collège.

Les membres du CCJ sont élus chaque année afin de représenter les jeunes suresnois de leur âge et de proposer des projets utiles au plus grand nombre. Le CCJ est donc une occasion pour ces jeunes d'affirmer leur citoyenneté, de s'initier à la démocratie et d'apprendre à écouter et à s'engager.

Une dizaine de jeunes élus du CCJ se sont portés volontaires pour participer au projet Brésil Durable. Cet engagement comporte la participation à deux séances de sensibilisation au développement durable, la réalisation de dessins exprimant leurs inquiétudes et désirs pour l'avenir, et l'appui à l'organisation d'une exposition pédagogique à mon retour du Brésil.

Les deux séances préparatoires ont eu lieu le 26 novembre et le 3 décembre 2008. 

 

 

 

 

 

 

 Conseil Communal de la Jeunesse de Suresnes



Publié à 06:23, le 6/12/2008, dans 2.1. Le projet Bresil Durable, Suresnes
Mots clefs : CCJ

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Dessins du CCJ

Les enfants du Conseil Communal de la Jeunesse de Suresnes ont livré leurs impressions relatives au développement durable à travers le dessin. Pauvreté, micro-crédit, commerce équitable, éducation... sont les thèmes qui les ont marqués.

Kenechi a souhaité exprimer l'intérêt du commerce équitable. En achetant des produits du commerce équitable, le protagoniste de son dessin améliore directement les conditions de vie des petits producteurs du Sud.

Pour Felix aussi le commerce équitable est une solution à développer. Son dessin montre que l'achat d'un T-shirt commerce équitable aide les producteurs a vivre mieux en se construisant une meilleure maison. Mais il exprime aussi un autre aspect qui a son importance: l'achat d'un produit équitable est un plaisir pour l'acheteur, car les produits sont de bonne qualité.

Batourou a souhaité démontrer d'une manière encore plus symbolique l'intérêt du commerce équitable: l'achat de tablettes de chocolat équitable permet de répartir les bénéfices aussi vers les producteurs, ce qui leurs permet d'améliorer leurs conditions de vie.

Chloé est inquiète de la pauvreté et de la descolarisation des enfants de son âge. Elle a représenté la situation tourmentée d'une petite fille qui finalement parvient a aller à l'école.

Pour Madeleine, la lutte contre la pauvreté est importante et des actions telles que le commerce équitable du coton sont essentielles, mais il ne faut pas oublier les difficultées environnementales. Dans la partie inférieure du dessin, Madeleine exprime ses inquiétudes quand au réchauffement climatique, à la déforestation et à l'augmentation du nombre de catastrophes naturelles.

Iris elle aussi est très sensible aux problématiques environnementales et a souhaité représenter dans son dessin les gestes citoyens qu'elle connait. La partie gauche du dessin représente les gestes à éviter, la partie droite montre la bonne attitude à adopter: recycler ses déchets, consommer responsablement, économiser l'eau et l'électricite notament en évitant de prendre des bains et de laisser les lumières alumées, enfin, économiser le papier!

Esther elle aussi a montré un intéret particulier pour le commerce équitable. L'idée qu'en achetant du chocolat du commerce équitable, le consommateur aide les petits producteurs du Sud notament ceux du Brésil, éveille son intérêt .

Medina est touchée par la vie difficile des habitants des bidonvilles. Elle est également impressionée par le courage qu'ils démontrent, la joie de vivre et la solidarité qu'ils réussissent a conserver. Elle a souhaité exprimer cette force des habitants des bidonvilles en dessinant une maison bancale mais dont les couleurs pansent quelque peu les blessures des habitants.

 Enfin, Ava a souhaité exprimer son mécontentement contre l'égoïsme. Donner n'est pas une solution miracle selon Ava, mais c'est au moins un premier pas pour aider son prochain.



Publié à 05:21, le 6/12/2008, dans 2.1. Le projet Bresil Durable, Suresnes
Mots clefs : réchauffement climatiqueCCJcommerce équitable

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Ceux sans qui le projet n'aurait pu se réaliser....

Comme tout projet en création, Brésil Durable nécessitait une aide méthodologique comme financière.

Celle-ci a été fournie par trois organismes.

  •    Actif'Jeunes et Suresnes Information Jeunesse

Actif'Jeunes est le dispositif d'aide aux projets des jeunes suresnois de l´association Suresnes Information Jeunesse. Actif'Jeunes apporte une aide méthodologique, le porteur de projet bénéficie de l'écoute et des conseils d'un professionnel, tant sur la formulation et la rédaction du projet, que la recherche de partenaires et de financements. Le dispositif Actif'Jeunes a soutenu le projet Brésil Durable en lui accordant une bourse.

  Actif'Jeunes - Suresnes Information Jeunesse

  •   Planète Aventures

Planète Aventures est une association organisant des sejours de vacances pour enfants et adolescents. Planète Aventures travaille avec les collectivités locales afin de proposer des sejours éducatifs autour de trois grands axes: nature, sport et voyages. L'association s'est récement engagée dans la conception de séjours solidaires et a décidé de soutenir financièrement le projet Brésil Durable.

Planète Aventures 

  •   Envie d'Agir

 
Envie d'Agir est un programme du Ministère de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative qui encourage, soutient et valorise la capacité d’initiative des jeunes de 11 à 30 ans, dans tous les domaines : de la solidarité internationale ou de proximité, l’animation sociale et culturelle, le développement durable à la création d’entreprise... Envie d’agir a apporté  un soutien à la fois pédagogique, technique et financier au projet Brésil Durable.
Envie d'Agir


Publié à 07:45, le 4/12/2008, dans 2.1. Le projet Bresil Durable, Suresnes
Mots clefs : Envie d'AgirPlanète AventuresActif'JeunesBrésil Durable

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